Intervention communautaire sur l'Allaitement maternel exclusif (AME) et la santé mentale en contexte de chaleurs extrêmes : le rire pour sensibiliser
- 2 juil.
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Dernière mise à jour : 15 juil.
Théâtre communautaire : la mobilisation sociale ouvre l'intervention à Matam
Le projet SPRINT-Sen a lancé son intervention communautaire à Matam par une série de mobilisations sociales sous forme de théâtre-forum, destinées à promouvoir l'allaitement maternel exclusif (AME) et le bien-être mental des mères. Identifiée lors de la phase de co-construction avec les communautés, cette activité constitue le premier niveau d'un dispositif d'intervention déployé sur six mois, de février à juillet 2026, sur les quatre sites du projet (Gaol, Taïba, Ourossogui et Soubalo). Deux vagues de représentations ont eu lieu, en février puis en avril 2026. Positionnées en amont du dispositif, elles visaient à légitimer la santé mentale comme sujet de discussion communautaire et à préparer le terrain aux activités de proximité (causeries communautaires, visites à domicile) conduites les mois suivants.
Le recours au théâtre-forum s'inscrit dans une approche de communication qui privilégie les canaux culturellement ancrés plutôt que les formats d'information descendants. Média vivant et accessible à tous, il a permis de toucher un large public et d'aborder, à travers la fiction, des sujets sensibles. Interprétée par une troupe locale, la pièce a mis en scène des situations que beaucoup de familles ont reconnues immédiatement, et l'humour, a contribué à créer une ambiance propice aux échanges. Femmes enceintes et allaitantes, belles-mères, grands-mères et conjoints, mais aussi leaders religieux (imams) et communautaires (chefs de village et de quartier), étaient conviés.
Ce que la pièce met en lumière
La scène s'ouvre sur une jeune femme revenant de la maternité, son premier enfant dans les bras. Elle s'efforce de suivre les conseils reçus sur place, allaiter exclusivement son bébé, sans lui donner d'eau avant six mois, mais son quotidien rend cette tâche difficile. Son logement, mal adapté à la chaleur, ne laisse aucun endroit frais où dormir : le sommeil est perturbé et la fatigue s'installe. À cela s'ajoutent la charge des tâches domestiques, la précarité d'un foyer sans revenu stable, et surtout la pression exercée par l'entourage, en particulier la belle-mère, qui conteste les choix de la jeune mère. C'est autour de l'alimentation du nourrisson que se cristallisent les tensions. C'est autour de l'alimentation du nourrisson que se cristallisent les tensions. Sous la pression de sa belle-mère, dont le mari prend le parti, la jeune mère cède et donne de l'eau à son bébé, qui tombe malade peu après, pris de vomissements et de diarrhées. Face à cette situation, le récit valorise le recours au personnel de santé avec un médecin qui prend en charge l'enfant et informe la famille sur les bonnes pratiques d'AME.
Au-delà de l'allaitement, la pièce aborde la santé mentale maternelle avec un parti pris important : la jeune mère ne présente aucun signe manifeste de décompensation psychique. Le médecin n'en repère pas moins chez elle une réelle vulnérabilité psychologique, qu'il choisit d'accompagner par un entretien motivationnel. La pièce envoie ainsi un message de déstigmatisation et mettant en avant que la souffrance psychique ne se voit pas toujours, et mérite d'être prise au sérieux même sans symptômes apparents.
Du spectacle à l'échange
Chaque représentation s'est conclue par une session d'échanges structurée, permettant au public de réagir, de poser des questions et de partager son propre vécu. Les acteurs communautaires, les prestataires de santé et la psychologue communautaire Fatou Khouma ont conjointement assuré la restitution des messages clés, dans une logique de renforcement des connaissances.
© IRD - Alassane Ndoye, Sprint Sen project



