Intervention communautaire sur l'Allaitement maternel exclusif (AME) et la santé mentale en contexte de chaleurs extrêmes : le rire pour sensibiliser
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Théâtre communautaire : la mobilisation sociale ouvre l'intervention à Matam
Le projet SPRINT-Sen a lancé son intervention communautaire à Matam par une série de mobilisations sociales sous forme de théâtre-forum, destinées à promouvoir l'allaitement maternel exclusif (AME) et le bien-être mental des mères. Retenue lors de la phase de co-construction avec les communautés, cette activité constitue le premier niveau du dispositif. Les représentations se sont tenues en février puis en avril 2026 sur les quatre sites du projet . Positionnées en début d'intervention, elles ont introduit la santé mentale comme un sujet de discussion légitime au sein des communautés et préparé le terrain aux activités de proximité menées les mois suivants.
Le choix du théâtre traduisait une volonté du projet : s'appuyer sur des canaux déjà familiers aux populations plutôt que d'importer des formats extérieurs. Média vivant et accessible à tous, il a permis de toucher un large public et d'aborder, à travers la fiction, des sujets sensibles. Interprétée par une troupe locale, la pièce a donné à voir des situations que beaucoup de familles ont reconnues immédiatement, et l'humour, présent tout au long de la pièce, a contribué à créer une ambiance propice aux échanges. Femmes enceintes et allaitantes, belles-mère, grands-mères, conjoints mais aussi leaders religieux (imams) et communautaires (chefs de village et de quartier) étaient conviés.
Ce que la pièce met en lumière
La scène s'ouvre sur une jeune femme revenant de la maternité, son premier enfant dans les bras. Elle s'efforce de suivre les conseils reçus à la maternité, allaiter exclusivement son bébé, sans lui donner d'eau avant six mois —, mais son quotidien rend cette tâche difficile. Le logement, mal adapté à la chaleur, ne laisse aucun endroit frais où dormir : le sommeil est perturbé, la fatigue s'installe. À cela s'ajoutent la charge des tâches domestiques, la précarité d'un foyer sans revenu stable, le manque de soutien d'un mari peu présent, et surtout la pression d'une belle-mère qui remet en cause ses choix.
C'est autour de l'alimentation du nourrisson que se cristallisent les tensions. Or donner de l'eau ou d'autres aliments avant six mois expose l'enfant à des risques concrets, vomissements, diarrhées, infections liées à une eau non potable , alors que le lait maternel suffit à couvrir tous ses besoins, y compris son hydratation, même par forte chaleur. Face à ces situations, le récit valorise le recours au personnel de santé : sages-femmes et médecins y apportent une information fiable et une prise en charge, pour l'enfant comme pour la mère. Au-delà de l'allaitement, l'histoire s'attache à la santé mentale de la mère. Un choix a guidé l'écriture : la mère « ne perd pas la tête » et ne montre aucun signe visible de déséquilibre. Une manière de faire passer un message essentiel, on peut souffrir de stress ou d'épuisement tout en paraissant fonctionnel, et ces difficultés méritent, elles aussi, d'être reconnues.
Du spectacle à l'échange
À l'issue de la représentation, un moment d'échange permettait au public de réagir, de poser ses questions et de partager son vécu. Les acteurs communautaires, le prestataire et la consultante en santé mentale revenaient sur les messages clés à retenir.















































